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LA PRéSENTATION éCRITE

ET ORALE

Un travail d’histoire de l’art est aussi, on l’a dit, un exercice de français. Vous serez donc jugé à la qualité, à la précision et à l’élégance de votre langue. Pour cela, nous vous proposons ces quelques conseils.

La langue

Deux dangers vous guettent. Le premier est celui du verbiage subjectif et psychologisant, ne reflétant que vos perceptions personnelles, et qui consiste à accumuler des épithètes, sans chercher à savoir dans quel contexte les œuvres dont vous parlez ont été produites et qui en a préalablement parlé. Veillez pour éviter cet écueil à comparer et à mettre en perspective les différents avis émis, en fonction des événements politiques, sociaux, esthétiques de l’époque, et en fonction du type de publications où ces jugements sont exprimées.

Deuxième danger : l’énumération sèche, qui se contente de décrire des phénomènes, des « courants », des mouvements artistiques, sans aucune référence précise à des œuvres qui doivent non seulement être citées dans le texte du travail, mais être également analysées et commentées.

De façon générale, il est conseillé de recourir à un vocabulaire simple, ne comportant pas trop d’épithètes, avec des phrases courtes comportant un sujet, un verbe (en utilisant de préférence le présent plutôt que le passée simple), des compléments. N’abusez pas des incises et des exclamatives. Quand une idée personnelle sera avancée, vous direz « nous », sans aller jusqu’aux excès d’un « nous allons maintenant démontrer que.. . » ou « nous vous proposons de... ». Évitez les prétéritions et les périphrases obscures. Bannissez les points d’exclamation et de suspension inutiles.

La Présentation écrite

Les travaux écrits devront se présenter sous la forme de documents imprimés et reliés, avec une couverture cartonnée (blanche ou colorée). Ils seront ainsi composés :

  • La page de titre ;

  • Le sommaire ;

  • Le texte de l’analyse, accompagné de notes en bas de page, qui doit lui-même contenir :

    1. Un avant-propos (facultatif pour les travaux de moins de 50 pages) ;

    2. Une introduction ;

    3. Le développement, composé généralement de trois à cinq parties principales, elles-mêmes découpées en parties secondaires ;

    4. Une conclusion.

  • Les éventuelles annexes ;

  • La bibliographie complète ;

  • Les index (facultatifs) ;

  • La liste des illustrations ;

  • Les illustrations.

Pour une bonne lisibilité de l'ensemble du texte, nous vous conseillons :

  • de choisir une mise en page suffisamment aérée (3 cm de marge de gauche et de droite, 2 cm de marge supérieure et inférieure) ;

  • de choisir une police lisible et à empâtements (Times, par exemple, en 14 pt) ;

  • de choisir une interlignage suffisamment espacé (l'idéal correspond à 130 de la taille de la police choisie, soit, pour une Times en 14 pt, au moins de 18 pt ;

  • de numéroter les pages ;

  • d'y placer des en-têtes qui reprendront les titres des parties principales

Le sommaire (ou table des matières) ne doit pas résumer l’ensemble des parties et sous-parties de votre analyse, mais proposer une synthèse courte et claire des principaux arguments et du développement de votre démonstration. Il doit tenir en une ou deux pages, et ne pas contenir trop de sous-parties.

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Ajoutons à ces parties les annexes, qui sont constituées d’un document suffisamment important pour qu’on ait jugé sa présence obligatoire dans une étude. Il peut s’agir de l’extrait d’une archive, d’une biographie, du passage d’un traité théorique, d’une lettre, d’un inventaire après-décès, de tableaux statistiques, d’un catalogue raisonné, etc. Clarté et précision y sont indispensables. Voici quelques conseils concernant les annexes les plus usuelles.

La chronologie raisonnée. - Elle permet de mieux « suivre » la carrière d’un artiste ou le cours d’une période. La date y sera suivie du fait historique, brièvement exposé, avec éventuellement, entre parenthèses, la référence d’archives ou de bibliographie d’où il a été extrait. Si la date soulève un problème fondamental, le problème devra être débattu dans le corps de l’étude. Si le problème est secondaire, il peut être évoqué après l’exposé du fait. Le choix des dates et des événements comprendra les éléments principaux de la biographie de l’artiste, y compris la date de composition de ses principales œuvres, les marchés et contrats passés, quelques événements généraux en rapport avec sa carrière, ainsi que la référence à des artistes similaires de la même génération.

Le catalogue raisonné ou le corpus d'oeuvres. - Enfin, dans le cas d’une monographie d’artiste ou de collection, le catalogue ou le corpus d'oeuvres(les oeuvres sur lesquelles vous avez principalement travaillé, et qui méritent un traitement spécifique et approfondi) constitue une partie fondamentale – mais si une étude solide ne doit pas se réduire à un catalogue.

Ce catalogue doit donc faire l'objet d'un travail particulier. Chaque œuvre doit porter un numéro indépendant. Quand elle fait partie d’un ensemble (pendant, suite, esquisses préparatoires, plâtres originaux, moulages, copies diverses), elle est comprise dans la notice commune, mais chaque objet physique est distingué par une lettre de l’alphabet. Inversement, les fragments dispersés d’une même œuvre (panneaux de retable, éléments d’un polyptyque, épreuves successives d’une même fonte ou d’un même état de gravure) seront catalogués aussi sous le même numéro, mais sans subdivision alphabétique.

La notice correspondant à chaque numéro doit se limiter strictement à l’œuvre analysée et s’articuler en quatre parties :

  • la présentation des "faits" ;

  • l’exposé des problèmes historiques posés par l’œuvre ;

  • la bibliographie ;

  • le commentaire proprement dit.

Toute fiche technique d’une œuvre d’art doit contenir les informations suivantes :

  • auteur, suivi entre parenthèse (lieu, date de naissance – lieu, date de mort, quand ces éléments sont connus) (le cas échéant : nom de l’auteur, suivi de “attribué à...“, “école de...“, “d’après“) (pour les pseudonymes : voir la remarque ci-dessous)

  • titre de l’œuvre (en italique), date (précédé de “vers“, ou de “entre... et ...“, ou “avant...“, ou “après...“ si la date n’est pas précisément connue)

  • technique (p. ex : huile sur toile, huile sur bois, etc., marbre, terre cuite)

  • format (toujours hauteur x largeur) en centimètres

  • lieu de conservation (ville), institution (musée, éventuellement collection) - inv. n° (se référer au catalogue du musée)

Remarque concernant le nom de l’auteur: on restituera le nom de baptême de l’artiste, par exemple,

Antonio Allegri, dit Le Corrège, dans ce sens ou dans le sens inverse : Le Corrège (Antonio Allegri, dit)

Dans le cadre des bâtiments, la notice technique se présentera ainsi :

  • auteur (ou auteurs) (lieu, date de naissance – lieu, date de mort) - bâtiment (maison d’habitation, hôpital, école, etc.)

  • date de construction (le cas échéant date de début et de fin)

  • ville et pays

  • autres indications utiles (détruit, restauré, etc.)

Remarque: quand on signale l’œuvre d’un artiste dans le texte, il faut en signaler le titre (en italique), suivi, entre parenthèses, de la date de réalisation et de son lieu de conservation, afin d’éviter les confusions.

ex : Raphaël, La Sainte Famille (1507, Madrid, Prado)

La notice technique est suivie de la notice historique, qui donne la première date à laquelle l’œuvre apparaît, et dans quelles circonstances. Elle en retrace ensuite les vicissitudes jusqu’à nos jours (la provenance). Si l’œuvre a disparu pendant plusieurs siècles, on indiquera clairement qu’on pense qu’il s’agit de la même, mais sous toute réserve.

Vient ensuite la notice bibliographique, qui contient toutes les mentions de tous les catalogues d’expositions et ouvrages où l’œuvre citées aura figuré.

Enfin, vous placerez votre commentaire personnel, qui n’obéit à aucune règle précise. Il est bon, toutefois, qu’il permette de dégager la signification de l’œuvre, ou, à tout le moins, son importance historique et sa valeur esthétique. La signification comprend le déchiffrement de l’iconographie et des mentions manuscrites, l’identification des personnages représentés, la description des paysages, des costumes, des scènes historiques avec la référence au sujet dont ils sont tirés. Elle peut aussi donner lieu à des commentaires d’attribution ou de datation. Évitez le recours aux épithètes généraux et vagues du genre « célèbre », « fameux », « merveilleux »...

La fortune critique. - Elle est destinée à replacer le sujet traité dans son époque et dans les siècles qui ont suivi, en regroupant les principaux textes faisant réception des œuvres ou/et de la carrière d’un artiste. Longtemps populaire dans les études, elle est devenue moins fréquente, et ne doit être incluse que lorsque les textes cités sont vraiment utilisés dans l’étude. Une fortune critique n’a, en soi, aucun intérêt.

Le choix de textes. - On présentera un choix de textes, cités chronologiquement, qui devra rendre compte de la vision successive qu’on a eu de la question. En seront exclus les actes d’état civil, les contrats, etc. Les textes doivent être commentés et annotés, et précédés d’une courte notice en expliquant l’origine et le portée. Des notes en bas de page préciseront les détails du texte (identification de personnes, de lieux, d’événements, avec des dates précises, détails concernant la technique, les mesures, la localisation d’une œuvre, etc.).

Les pièces justificatives peuvent être des actes d’état civil, des marchés, des inventaires, des biographies ou des mémoires inédits, des descriptions anciennes, des correspondances, des journaux intimes. Elles doivent être présentées par ordre chronologique. S’il s’agit de pièces en langue étrangère, il conviendra d’y joindre une traduction. La traduction seule n’est pas admise. Si la pièce justificative a été consultée de seconde main et que l’auteur n’a pu recourir à l’original, on mentionnera l’existence et la localisation de l’original, en précisant que la citation dans le travail de l’auteur est tirée de telle édition.

Les index sont facultatifs, notamment dans les petits travaux. Mais dans le cas d’une étude importante et longue, il est souhaitable de le faire et de séparer l’index des noms de personnes de l’index des noms de lieux.

Les personnes seront classées selon l’ordre alphabétique de leur nom de famille et non pas de leur titre, même quand celui-ci commence par un article défini, sauf quand il s’agit de saints, de souverains pontifes et de rois classés à leur prénom. Le rejet de la particule obéit aux règles édictées sur la bibliographie. Quand plusieurs personnages portent le même nom, on les classera par ordre alphabétique de leur prénom. Le nom est suivi du prénom entre parenthèses, d’une virgule et des mentions de pages. Dans certains cas, après la virgule, on ajoutera une précision onomastique ou biographique pour éviter des confusions (Henri IV, roi de France, et Henri IV, roi d’Angleterre). On choisira le nom de famille du personnage et non pas son titre nobiliaire même si c’est celui communément usité. On prendra bien soin dans le cas de titres nobiliaires, de citer les divers titres qu’un personnage a pu recevoir, mais l’on classera à leur nom courant des personnages célèbres. Idem pour les pseudonymes. Les femmes seront classées à leur nom marital. Les personnes ayant vécu avant 1501 seront classées à leur prénom.

Les lieux seront classés selon les mêmes principes : « La Chaux-de-Fonds » et non pas « Chaux-de-Fonds (La) ». On adjoindra, quand il s’agit de localités de moins de 20 000 habitants, les noms du département, du chef-lieu ou du chef-lieu de canton, de la commune pour les lieux-dits, du canton, de la province, etc. Idem pour les villes étrangères de moins d’un million d’habitants : précisez entre parenthèses le pays et la province, voire l’ancien nom de la ville. Pour les grandes villes, utilisez l’orthographe française. Il est en outre conseillé de subdiviser alphabétiquement certaines rubriques faisant l’objet de mentions trop abondantes. Par exemple :

La Rochelle (Charente Maritime) :

  • caserne, pp. 34-45

  • église Saint-Nicolas, p. 2

  • église Sainte-Thérèse, pp. 65-67

  • Hôtel-de-Ville, p. 23.

Enfin, il peut être utile pour certains travaux où sont utilisés beaucoup de termes techniques (sculpture, arts du feu, ébénisterie, etc.), ou où la théorie de l’art occupe une lace importante, de proposer un index thématique ou de placer, après les index, un glossaire des termes employés, avec leur définition.

Les images

Dans le cadre d'une présentation écrite ou orale, la sélection et la présentation des images constitue une partie moins accessoire que vous le pensez. Les images que vous présenterez ne seront pas les illustrations de votre propos mais l'objet même de votre analyse. Il est donc essentiel (1) que vous ne choisissiez que les images dont vous parlez - évitez les illustrations prétextes, comme le "portrait" de l'artiste, etc., et ne présentez pas trop d'images, au risque de noyer votre auditeur sous un flot d'images en nombre excessif - et (2) que vous présentiez ces images sous un jour favorable, qui permettra à votre réflexion d'être plus claire et bien construite.

Dans un travail écrit

Dans un dossier écrit, vous devez fournir l'ensemble des illustrations que vous évoquez dans votre texte ainsi la liste des illustrations. Cela suppose, de façon générale de donner un titre précis, en français et mis en italique – et entre guillemets, lorsqu’il s’agit d’une appellation canonique ou avalisée par la tradition ; et de compléter cette mention par le lieu de conservation (ville et collection).

Quand une œuvre n’est pas seulement citée mais étudiée, il est nécessaire de la numéroter (fig. 1) ou (ill. 1) ; et de légender cette illustration, sous l'illustration et/ou dans la liste des illustrations, en mentionnant successivement les informations suivantes  :

  • Le numéro de l’illustration (1., 2., 3., etc.)

  • l’artiste (prénom et nom)

  • le titre de l’œuvre, [le cas échéant, suivi de la mention (détail) entre parenthèse]

  • la date de réalisation de l’œuvre, ou celle que vous lui attribuez,

  • la technique utilisée et son support,

  • la dimension de l’œuvre [toujours hauteur x largeur pour les œuvres bidimensionnelles]

  • le lieu de conservation (ville et institution, et/ou collection)

  • (source) (entre parenthèses : ouvrage duquel a été tirée l’illustration, mention abrégée)

ex : 18. Diego Velázquez, Vénus au miroir, vers 1644-1648, huile sur toile, Londres, National Gallery (López-Rey 1999)

NB: pour les œuvres monumentales, il convient de commencer par le lieu de conservation, suivi de la désignation habituelle de l’objet, de la date, etc.

L’ensemble des illustrations mentionnées devront être regroupées dans la « Liste des illustrations », reprenant l’ensemble des légendes, et placée à la fin de l’étude. Toutes doivent être numérotées afin que le dialogue entre le texte et les images se fassent aisément. Elles doivent être présentées dans leur ordre d’apparition dans l’étude. Si vous présentez un catalogue, vous séparerez les photographies principales des photographies de comparaison. Si le sujet est thématique on les présentera chronologiquement simplement.

Enfin, dans le cas d’une monographie d’artiste ou de collection, le catalogue constitue une partie fondamentale – mais si une étude solide ne doit pas se réduire à un catalogue. Ce catalogue doit donc faire l'objet d'un travail spécifique. Chaque œuvre doit porter un numéro indépendant. Quand elle fait partie d’un ensemble (pendant, suite, esquisses préparatoires, plâtres originaux, moulages, copies diverses), elle est comprise dans la notice commune, mais chaque objet physique est distingué par une lettre de l’alphabet. Inversement, les fragments dispersés d’une même œuvre (panneaux de retable, éléments d’un polyptyque, épreuves successives d’une même fonte ou d’un même état de gravure) seront catalogués aussi sous le même numéro, mais sans subdivision alphabétique.

La notice correspondant à chaque numéro doit se limiter strictement à l’œuvre analysée et s’articuler en quatre parties : la présentation des faits ; l’exposé des problèmes historiques posés par l’œuvre ; la bibliographie ; le commentaire proprement dit.

Cette notice technique est suivie de la notice historique, qui donne la première date à laquelle l’œuvre apparaît, et dans quelles circonstances. Elle en retrace ensuite les vicissitudes jusqu’à nos jours (la provenance). Si l’œuvre a disparu pendant plusieurs siècles, on indiquera clairement qu’on pense qu’il s’agit de la même, mais sous toute réserve. Vient ensuite la notice bibliographique, qui contient toutes les mentions de tous les catalogues d’expositions et ouvrages où l’œuvre citées aura figuré. Enfin, vous placerez votre commentaire personnel, qui n’obéit à aucune règle précise. Il est bon, toutefois, qu’il permette de dégager la signification de l’œuvre, ou, à tout le moins, son importance historique et sa valeur esthétique. La signification comprend le déchiffrement de l’iconographie et des mentions manuscrites, l’identification des personnages représentés, la description des paysages, des costumes, des scènes historiques avec la référence au sujet dont ils sont tirés. Elle peut aussi donner lieu à des commentaires d’attribution ou de datation. Évitez le recours aux épithètes généraux et vagues du genre « célèbre », « fameux », « merveilleux »...

Dans un travail oral

Dans le cadre d'une présentation orale, la confection du dossier des images qui seront projetées sur l'écran de la salle, grâce au beamer, est essentielle. Il vous faudra utiliser l'un des logiciels utilisés pour la création d'une galerie d'images (Power Point, Open Office, KeyNote [Mac], ou Prezi).